Aussi connu pour son blanc, le château Carbonnieux produit un grand vin rouge dans l'appellation Pessac-Léognan. Sur les 50 hectares destinés à la production de ce grand cru des Graves, 30% sont plantés en merlot, le reste est complété par du cabernet-sauvignon avec une petite proportion de cabernet-franc et de petit verdot. S'il est déjà séduisant dès son plus jeune âge, c'est après plusieurs années de garde qu'il délivrera sa complexité gustative et son harmonie légendaire.
Jean De Ferron, issu d'une puissante famille de la bourgeoisie bordelaise, achète la terre de Carbonnieux au XVIe siècle. Sa politique d'acquisition est poursuivie par ses successeurs, et le château Carbonnieux, déjà célèbre, devient la figure de proue des propriétés familiales.
Après deux siècles et demi passés entre les mains des Ferron, une nouvelle ère s'ouvre lorsque les moines de Sainte-Croix rachètent la propriété. Elle devient vite la grande affaire des bénédictins, qui n'hésitent pas à s'endetter pour faire fructifier ce cru au potentiel déjà immense. Derrière Haut-Brion, Carbonnieux compte alors parmi les grands blancs des Graves et de Guyenne.
Durant la Révolution, le bien est confisqué puis vendu comme bien national à Elie de Bouchereau, dont la famille y résidera de longues années. Avant la crise du phylloxéra, les frères Bouchereau y réunissent une collection unique de cépages français et européens. Les Bouchereau cèdent la propriété à la fin du XIXe siècle. Classé grand cru des Graves pour ses rouges et ses blancs au milieu du XXe siècle, le domaine entre alors dans une nouvelle phase sous l'impulsion de la famille Perrin.
Marc Perrin s'attelle à la restauration de la propriété, du vignoble comme du château, puis Anthony Perrin accompagne d'autres modernisations, notamment au chai. Le domaine joue aussi un rôle pionnier dans l'affirmation de l'appellation Pessac-Léognan. Aujourd'hui, Eric et Philibert Perrin poursuivent ce travail, avec une même attention portée à l'équilibre des rouges comme à l'éclat des blancs.